Le a placé les processus d’innovation au cœur de son projet et vise à rassembler l’ensemble des acteurs de la recherche depuis l’innovation scientifique et technologique jusqu’à l’innovation sociétale. Le Labex ITEM s’inscrit dans cette démarche en mobilisant des chercheurs en Sciences humaines et Sociales. Face aux mutations socio-économiques émergentes, aux changements environnementaux actuels et aux fortes attentes tant d’ordre institutionnel (Grenelle de l’Environnement), scientifique (prospectives des organismes de recherche) que socio-économique et politique, il apparaît indispensable de créer un pôle de référence et d’expertise en SHS sur les enjeux de la montagne.
Les territoires de montagne ont souvent été perçus comme marginaux, voire périphériques aux pôles d’innovation ; or de longue date, ils ont su développer des mécanismes originaux d’adaptation et d’innovation d’ordre économique, social, culturel etc. Durant les dernières décennies, ces territoires ont été confrontés à de nouvelles contraintes tant internes qu’externes qui ont remis en cause, à divers degrés, leur structuration et leur fonctionnement et qui assurément interviennent sur leurs évolutions actuelles et à venir. Il importe de s’interroger sur les changements intervenus (ou en cours), les réponses apportées (ou à apporter), les moteurs d’adaptation et d’innovation, et plus généralement de reconsidérer la notion d’innovation à partir du « laboratoire » montagnard pour apporter de nouvelles perspectives de réponses aux grands enjeux et défis actuels en matière de gestion durable.
Ces changements pensés en terme de changement global, jouent aux différentes échelles territoriales et du fait de leur ampleur, prennent la forme de vrais défis pour les sociétés du 21e siècle, spécifiquement pour les territoires de montagne. Ils y prennent d’autant plus d’acuité que la montagne amplifie les changements et les enjeux associés. Deux grandes questions structurent les défis ou les enjeux auxquels ces territoires doivent répondre en termes de gestion durable : les mutations socio-économiques globales (transformations et crise économiques, bouleversements démographiques, urbanisation accentuée, accroissement des mobilités, modifications des pratiques touristiques, des usages du sol, etc.) et les bouleversements environnementaux planétaires, notamment le changement climatique, déclinés ici aux échelles locales, avec leurs implications fortes sur les ressources et sur les paysages. Au final, c’est bien des conséquences du changement global en termes de modes d’aménagement, de développement des territoires et de modifications environnementales et sociales qu’il s’agit d’analyser et de la complexité des impacts et des incidences du changement global qu’il s’agit de qualifier. Les territoires de montagne sont alors des terrains-laboratoires de premier plan pour observer, analyser des phénomènes, des situations en cours, et expérimenter des solutions ou des propositions dans une co-construction avec les différentes catégories d’acteurs.
Les chercheurs engagés dans le labex ITEM entendent apporter un regard renouvelé sur les problématiques territoriales et environnementales en abordant notamment les deux questions suivantes :
- celle des mutations socio-économiques (transformations et crise économiques, bouleversements démographiques, accroissement des mobilités, modifications des pratiques touristiques, des usages du sol, etc.) qui sont devenus des enjeux en termes de durabilité ;
- celle des bouleversements environnementaux planétaires, déclinés ici aux échelles locales, avec leurs implications sur les ressources en eau, sur les paysages et sur les relations humaines.
Il paraît essentiel, sur le plan scientifique comme sur le plan des politiques publiques, de dresser un inventaire contextualisé des dynamiques de changement observées et en cours sur ces territoires. Insérer ces questionnements dans la durée est une originalité qui permet de relativiser les effets de l’actualisme. C’est à ce prix que l’on peut conduire une analyse fine des rapports des territoires de montagne aux changements, de comprendre les dynamiques à l’œuvre au cours du temps et les réactions actuelles, au prisme des cultures et des comportements qui ne sont pas toujours à lire de manière réductrice en termes exogènes-endogènes, acception/opposition, refus/repli, mais aussi à reconsidérer en termes de force de propositions et solutions adaptées, avec des différences selon les espaces au sein même des territoires de montagne. Ce positionnement sur l’épaisseur temporelle comme sur les échelles spatiales constitue un réel challenge méthodologique et scientifique : la distanciation nécessaire à toute analyse passe par l’interdisciplinarité. Ce choix permet de comprendre cet objet complexe que sont les territoires de montagne, de prendre en compte l’ensemble des processus intervenant dans leurs dynamiques et d’en avoir une approche et une lecture globales, autre enjeu du Labex. Lever ce verrou nécessite de travailler sur ces territoires et leurs capacités d’adaptation et d’innovation en les traitant en tant que systèmes complexes au sein duquel interagissent les effets de la mondialisation de l’économie, du changement climatique et les dynamiques locales, tant d’ordre culturel, sociétal que médial.
Associer territoires de montagne et innovation est également le moyen pour procéder de manière interdisciplinaire à un réexamen critique de la question de l’innovation lue essentiellement, dans la réflexion scientifique actuelle (notamment en matière d’économie de la connaissance) à partir des contextes urbains/métropolitains et/ou avec l’interprétation linéaire se traduisant en termes de progrès opposé à la notion de « retard » voire « d’archaïsme ». Ce questionnement méthodologique est particulièrement adapté aux territoires de montagne, à condition que l’on effectue un retour analytique sur les processus de changement mis en œuvre au cours du temps, processus souvent occultés par l’écran de regards extérieurs normalisant ou de normes intériorisées.
Pour répondre à ces défis, le Labex ITEM réunit 7 laboratoires de recherche classés A et A+ en Sciences humaines et sociales du PRES Grenoble-Alpes (université Pierre Mendès France, Joseph Fourier, de Savoie) et de l’Irstea. Avec l’appui des organismes partenaires (, , , ), et dans une perspective résolument interdisciplinaire, il vise :
- à développer un pôle de compétences internationalement reconnu
- à apporter des réponses nouvelles aux acteurs socio-économiques et politiques, tant en termes d’expertise que de perspectives économiques
- à travailler à la mise en place de nouvelles formations, tant initiales que continues
Le projet ITEM en quelques chiffres
- 530 000 euros de budget annuel
- 93 personnels permanents engagés dans le projet
- 9 équipes de recherche impliquées
- 15 bourses et contrats doctoraux et post-doctoraux

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