Offre d’allocation de recherche doctorale : innovations sociales dans les espaces montagnards

Une allocation doctorale dédiée aux innovations sociales en montagne

L’offre d’allocation de recherche doctorale consacrée aux innovations sociales dans les espaces montagnards s’inscrit dans un contexte de profondes mutations économiques, environnementales et sociales. Elle vise à soutenir une thèse de haut niveau scientifique portant sur les transformations des territoires de montagne, leurs habitants, leurs activités et les nouvelles formes de coopération qui y émergent. En mobilisant les outils des sciences humaines et sociales, ce doctorat entend éclairer les dynamiques d’adaptation des sociétés montagnardes face aux crises climatiques, touristiques et démographiques.

Les massifs montagnards, longtemps perçus comme des marges, deviennent aujourd’hui des laboratoires d’expérimentations sociales, économiques et politiques. L’objectif de cette allocation est de permettre à un·e jeune chercheur·euse d’observer, d’analyser et de comprendre ces innovations, afin de nourrir à la fois la recherche académique et l’action publique territoriale.

Les espaces montagnards comme laboratoires d’innovations sociales

Les espaces montagnards cumulent des défis spécifiques : déprise agricole, saisonnalité de l’emploi, dépendance au tourisme, vulnérabilité aux changements climatiques, accès parfois limité aux services publics. Ces contraintes se transforment toutefois en opportunités de réinvention des modes de vie, des formes d’habiter et des modèles de développement local. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’offre d’allocation doctorale, centrée sur l’étude des innovations sociales qui émergent dans ces territoires.

Par innovations sociales, on entend l’ensemble des initiatives collectives, des dispositifs institutionnels, des organisations citoyennes ou économiques qui cherchent à répondre à des besoins sociaux mal satisfaits par les cadres existants. Il peut s’agir de circuits courts alimentaires, de nouvelles coopérations entre acteurs publics et privés, de dispositifs d’accueil de nouveaux habitants, de formes de gouvernance partagée, ou encore de recompositions des usages des espaces naturels.

Objectifs scientifiques de la thèse

L’allocation de recherche doctorale a pour ambition de soutenir une thèse qui interroge en profondeur la manière dont les innovations sociales participent à la reconfiguration des territoires de montagne. Il s’agit de comprendre :

  • comment ces innovations naissent et se structurent dans des contextes souvent marqués par la rareté des ressources et l’éloignement des centres de décision ;
  • quels acteurs – habitants, élus, associations, entreprises, collectifs citoyens – participent à leur émergence, et selon quelles logiques de coopération ou de conflit ;
  • dans quelle mesure ces innovations contribuent à la résilience des communautés montagnardes face aux crises environnementales et socio-économiques ;
  • comment elles redéfinissent les rapports à la nature, au paysage, au patrimoine et à la mobilité ;
  • quels instruments de politiques publiques et quels cadres juridiques favorisent ou freinent leur diffusion.

La thèse soutenue par cette allocation vise donc à produire des connaissances originales, situées et comparatives, susceptibles de nourrir à la fois les débats scientifiques sur l’innovation sociale et les réflexions opérationnelles des acteurs de la montagne.

Cadrage théorique : innovation sociale, territoire et transition

Le projet doctoral s’inscrit à l’intersection de plusieurs champs de recherche : sociologie des innovations sociales, géographie sociale et politique, études territoriales, anthropologie des mondes ruraux et montagnards, ainsi que les travaux sur les transitions socio-écologiques. L’enjeu est de replacer les espaces montagnards dans les grands débats contemporains sur la justice spatiale, la durabilité et le renouvellement démocratique.

Les innovations sociales en montagne peuvent être envisagées comme des réponses concrètes aux tensions entre conservation des milieux, attractivité touristique, exigences de mobilité, besoin de logements accessibles, ou encore maintien de services essentiels. Elles participent à la construction de nouveaux récits territoriaux, où l’on ne pense plus la montagne uniquement comme un décor ou un terrain de loisirs, mais comme un espace de vie et de travail à part entière, support de projets de société alternatifs.

Méthodologies possibles pour l’enquête doctorale

L’allocation doctorale encourage la mise en place de méthodologies qualitatives et mixtes permettant de saisir la complexité des innovations sociales en contexte montagnard. Le ou la doctorant·e pourra mobiliser :

  • des enquêtes de terrain approfondies, basées sur l’observation participante, les entretiens semi-directifs, les récits de vie et les focus groups ;
  • des analyses de politiques publiques et de documents de planification territoriale, afin de situer les innovations dans un cadre institutionnel précis ;
  • une approche comparative entre plusieurs vallées, stations, villages ou parcs de montagne, pour identifier convergences et spécificités ;
  • des outils de cartographie et d’analyse spatiale, pour visualiser les recompositions territoriales induites par les innovations sociales ;
  • éventuellement des approches de recherche-action ou de recherche participative, en lien avec des collectifs locaux.

La pluralité des terrains et des méthodes doit permettre de rendre compte à la fois de la diversité des formes d’innovation sociale et de leurs effets concrets sur les trajectoires des territoires de montagne.

Enjeux socio-économiques et environnementaux pour les territoires de montagne

Les espaces montagnards se trouvent au cœur de multiples enjeux : préservation des écosystèmes, gestion de l’eau et des forêts, enjeux énergétiques, tourisme quatre saisons, valorisation des produits locaux, accès au logement, maintien des activités pastorales, ou encore accueil de nouvelles populations en quête de qualité de vie. L’allocation doctorale met ces enjeux au centre de la réflexion, en considérant les innovations sociales comme des leviers possibles de transition.

Qu’il s’agisse de projets de mobilité partagée, de monnaies locales, de coopératives d’énergie renouvelable, de tiers-lieux culturels ou de dispositifs de gouvernance paysagère, les expériences montagnardes questionnent les modèles dominants de développement. Elles ouvrent des pistes pour concilier attractivité touristique, qualité de vie des habitants permanents et préservation du patrimoine naturel.

Un cadre doctoral structurant et pluridisciplinaire

L’allocation de recherche doctorale s’inscrit dans un environnement académique structuré, adossé à des laboratoires de recherche spécialisés dans l’étude des territoires, des sociétés rurales et montagnardes, ainsi que des politiques publiques territoriales. Le ou la doctorant·e bénéficiera d’un encadrement scientifique régulier, de séminaires doctoraux, de formations méthodologiques et théoriques, ainsi que de possibilités de valorisation de ses travaux.

La pluridisciplinarité est au cœur de ce dispositif : les approches issus de la sociologie, de la géographie, de l’économie territoriale, de la science politique, voire de l’urbanisme et de l’aménagement, sont appelées à dialoguer. Cette diversité de regards est indispensable pour appréhender les transformations des espaces montagnards dans toute leur richesse et leur complexité.

Perspectives professionnelles et retombées du projet de thèse

Au-delà de l’obtention du diplôme de doctorat, ce projet de recherche ouvre des perspectives professionnelles variées. Les compétences acquises – expertise territoriale, capacité d’analyse des politiques publiques, maîtrise des méthodes d’enquête qualitative, animation de démarches participatives – sont recherchées tant dans le monde académique que dans les institutions publiques, les collectivités territoriales, les bureaux d’études, les parcs naturels ou les organisations de la société civile.

Les résultats de la thèse pourront alimenter des recommandations opérationnelles en matière de développement territorial, de gestion des ressources, de politique touristique ou encore de soutien aux initiatives citoyennes. Ils contribueront à mieux comprendre comment les innovations sociales, loin d’être marginales, structurent désormais en profondeur les trajectoires des espaces montagnards.

Articulation avec le tourisme et l’hébergement en montagne

Les innovations sociales en montagne se déploient notamment dans le champ du tourisme et de l’hébergement, domaines clés pour l’économie locale. On voit émerger des démarches collaboratives entre habitants, acteurs touristiques et structures d’accueil visant à repenser la place du visiteur dans les territoires. Certains hôtels de montagne s’engagent par exemple dans des programmes de réduction de l’empreinte environnementale, de valorisation des produits locaux ou de soutien aux événements culturels portés par les communautés. D’autres expérimentent des formes d’hybridation, en devenant des lieux de coworking, des espaces de médiation culturelle ou des plateformes de rencontres entre touristes et habitants. L’étude de ces évolutions permet de comprendre comment le secteur hôtelier peut devenir un acteur à part entière de l’innovation sociale, en contribuant à l’animation des villages, à la diversification de l’offre touristique et à la construction de modèles d’accueil plus responsables et plus solidaires.

Dans ce contexte de transitions multiples, les hôtels de montagne occupent une position stratégique à la croisée des enjeux sociaux, économiques et environnementaux. En se rapprochant des initiatives locales – circuits courts, projets culturels participatifs, dispositifs de mobilité douce, démarches écotouristiques –, ces établissements peuvent devenir de véritables relais des innovations sociales étudiées dans le cadre de la thèse. Loin de se limiter à une fonction d’hébergement, ils participent alors à la co-construction de nouvelles formes d’hospitalité territoriale, qui renforcent les liens entre habitants et visiteurs, soutiennent l’emploi local et contribuent à l’attractivité durable des espaces montagnards.